Appel de Saint-Aubin / NE

APPEL DE SAINT-AUBIN / NE de 30 décembre 2010

Anglais / Italien / Espagnol / Allemand / Chinois / Arabe / Portugais / Russe

LISTE DES SIGNATAIRES :

Après avoir pris connaissance des explications du premier signataire, je soutiens le présent appel et le considère comme mien, ce que je confirme par volonté exprimée par mon manuscrit ou par l’e-mail adressé au première signataire.

Prénom   Nom   Lieu de séjour/résidence   Nationalité

Dragan Bunic, Saint-Aubin / NE [premier signataire] (Suisse)

Pierre-Alain Bastian, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Monique Barros Bunic, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Huguette Benoit, Saint-Aubin / NE (Suisse)

André Allisson, Chez-le-Bart / NE (Suisse)

Martine Allisson-Meystre, Chez-le-Bart / NE (Suisse)

Françoise Guldimann, Neuchâtel / NE (Suisse)

Carine Hofstetter, Neuchâtel / NE (Suisse)

Jean-Claude Allisson, St-Aubin-Sauges / NE (Suisse)

Luc Rochat, Les Ponts-de-Martel / NE (Suisse)

Alban Gashi, Boveresse / NE (Suisse)

Martine Guye, Neuchâtel / NE (Suisse)

Patricia Lobello, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Evina Casale, Fontainemelon / NE (Suisse)

Laurent Barros, Yverdon-les-Bains / VD (Suisse)

Raphaëlle Marquis, Yverdon-les-Bains / VD (Suisse)

Raoul Lembwadio, Boudry / NE (Suisse)

Bruno Durel, Bevaix / NE (Suisse)

Alessandro Mani, Neuchâtel / NE (Suisse)

Josiane Jemmely, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Antoni Castella, Gorgier / NE (Suisse)

Pierre-André Challandes, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Baptiste Hurni, Noiraigue / NE (Suisse)

Bastien Reber, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Mirko Bunic, Prihova (Slovénie)

Mouna Walter, Vaumarcus / NE (Suisse)

Roland Walter, Vaumarcus / NE (Suisse)

Jacques-Henry Dubois, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Stéphane Gerber, Colombier / NE (Suisse)

Dragana Zubac, Novi Sad (Serbie)

Milos Zubac, Novi Sad (Serbie)

Laure Kirchhof, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Ali Idrissa, Niamey (Niger)

Stipo Perisa, Dugo Selo (Croatie)

Sonja Seslija, Novi Sad (Serbie)

Özgerhan Tolunay, Bevaix / NE (Suisse)

Vaithyanathan Muthukrishnan, Vaishnavinager, Chennai / Etat Tamilnadu (Inde)

Alain Barros, Estavayer-Le-Lac / FR (Suisse)

Aleksandar Milivojevic, Kotor (Monténégro)

Isidora Milivojevic, Kotor (Monténégro)

Nevenka Lazarevic, Kotor (Monténégro)

Igor Lazarevic, Kotor (Monténégro)

Dusanka Lazarevic, Kotor (Monténégro)

Nenad Lazarevic, Kotor (Monténégro)

Zorica Vujinović, Futog (Serbie)

Jelena Seslija, Novi Sad (Serbie)

Chantal Fehlbaum, Gorgier / NE (Suisse)

Corinne Baumberger, Chez-le-Bart /NE (Suisse)

Coralie Brossard-Reber, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Francine Lehmann, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Muriel Schneider, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Sonja Crvenkovic, Novi Sad (Serbie)

Ana Borota, Novi Sad (Serbie)

Nenad Borota, Novi Sad (Serbie)

Nemanja Raicevic, Novi Sad (Serbie)

Ivica Stankovic-Begin, Vrgorac (Croatie)

Marina Pintaric, Jastrebarsko (Croatie)

Ivan Skrabe, Jastrebarsko (Croatie)

Milica Mirkovic, Carlsbad / Californie (Etats-Unis)

Isidora Bukvic, Backa Palanka (Serbie)

Annelyse Moret, Riaz / FR (Suisse)

Gilles Vallélian, Bulle /FR (Suisse)

Dominique Kolly, Enney / FR (Suisse)

Georges Moret, Riaz / FR (Suisse) 

Nathalie Hugi-Singelé, La Sagne / NE (Suisse) 

Alexia Aegerter, Bevaix / NE (Suisse)

André Ferrier, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Robert Arnold, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Nikola Juric, Trieste (Italie) 

Adao Teca, Trieste (Italie)

Tihana Maricic, Zadar (Croatie)

Blagojco Aleksov, Kocani (Macédoine)

Jovana Vunjak, Pula (Croatie)

Fernando Gómez Rodríguez, Almería (Espagne) 

Ursula Wyss, Berne / BE (Suisse) 

Robert Coureau, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse) 

Christiane Mauron, Romont / FR (Suisse)

Ali Khali, Romont / FR (Suisse)

André Clement / Romont / FR (Suisse) 

Esad Ihtijarevic, Prnjavor (Bosnie et Herzégovine)

Azra Ihtijarevic, Prnjavor (Bosnie et Herzégovine) 

Moise del Val, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Juin Rodriguez, Saint-Aubin / NE (Espagne)

Josefa del Val, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Silvio Pisenti, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Benjamin Garcia, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Maria Garcia, Saint-Aubin / NE (Suisse) 

Elisabeth Arm, Saint-Aubin / NE (Suisse) 

Isabelle Polack, Renens / VD (Suisse) 

Rémy Olivier, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse) 

Baptiste Develey, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse) 

Natasa Pijunovic-Baroin, Paris (France) 

Jean-Claude Michel, Gorgier / NE (Suisse)

Elisabeth Michel, Gorgier / NE (Suisse) 

Rose Soulodre, Verdun (France)

Jean Soulodre, Verdun (France)

Michèle Perez, Mulhouse (France)

Carmen Wachbar, Mulhouse (France)

Christos Paliouyos, Heraklion / Crète (Grèce)

Sofia Stavratakis, Arkalohori / Crète (Grèce)

Manolis Davrados, Heraklion / Crète (Grèce)

Avdulla Mehmetaj, Istog (Kosovo)

Nenad Stojanovic, Gandria / TI (Suisse) 

Catherine Huguenin, Chez-le-Bart / NE (Suisse)

Maryline Porret, Fresens / NE (Suisse) 

Galina Yulina, N-Toura / Sverdlovsky (Russie)

Nina Mauron, Saint-Aubin / NE (Suisse)

René Mauron, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Raphael Gallmann, Marin / NE (Suisse)

Sophie Petermann, Cortaillod / NE (Suisse) 

Betouar Bilel, Neuchâtel / NE (Maroc)

Aboubakar Gueye, Neuchâtel / NE (Sénégal)

Ahmed Hassan, Neuchâtel / NE (Somalie)

Baba Maye, Neuchâtel / NE (Somalie)

Mohamed Kouider, Neuchâtel / NE (Algérie)

Brahim Ben Salah, Neuchâtel / NE (Tunisie)

Khaled Lakhel, Bienne / BE (Tunisie)

Gara Slah, Neuchâtel / NE (Tunisie)

Salamou Ali, Lausanne / VD (Soudan) 

Joaquim Couto, Braga (Portugal)

Maria Laves, Braga (Portugal)

José Pereira, V. N. Fomalicao (Portugal)

Diana Nori, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Adao Couto, Braga (Portugal)

Angela Reselo, Braga (Portugal)

Aurora Nori, Saint-Aubin / NE (Suisse) 

Jean-Charles Frieden, St-Aubin-Sauges / NE (Suisse)

Philippe Jaquier, Boudry / NE (Suisse) 

Elena Alieva, Montréal (Canada)

Galina Izatkina, St-Petersburg (Russie)

Diana Adam, Montréal (Canada)

Erik Adam, Montréal (Canada) 

Edelvis Elias, Santiago de Cuba (Cuba)

Fernando Pereira, Santiago de Cuba (Cuba)

Ines Consvelo, Havana (Cuba) 

Sandrine Perroud, Rue / FR (Suisse)

Jacques Perroud, Rue / FR (Suisse)

Kinga Nolicka, Varsovie (Pologne)

Vittoria Bellanca, Saint-Aubin / NE (Suisse) 

Maria-Dolores Boza, Neuchâtel / NE (Espagne) 

Francis Michel, Gorgier / NE (Suisse)

Sumalee Michel, Gorgier / NE (Thailand) 

Ali Ferger, Neuchâtel / NE (Turquie)

Fatma Ferger, Neuchâtel / NE (Turquie)

Basak Ferger, Neuchâtel / NE (Turquie)

Cemil Ferger, Vevey / VD (Turquie)

Emine Ferger, Vevey / VD (Turquie)

Filiz Ferger, Vevey / VD (Turquie)

Bahar Ferger, Vevey / VD (Turquie)

Döndü Ferger, Vevey / VD (Turquie)

Deniz Zengin, Lausanne / VD (Turquie) 

Zorka Vaucher, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Marcel Vaucher, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Flavio Jeannet, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse)

Natacha Jeannet, La Chaux-de-Fonds / NE (Suisse) 

Liliana Rodrigues, Neuchâtel / NE (Portugal)

Anabela Rodrigues, Neuchâtel / NE (Portugal)

Adelino Rodrigues, Neuchâtel / NE (Portugal)

Hugo Rodrigues, Neuchâtel / NE (Portugal)

Nino Pinto, Neuchâtel / NE (Portugal)

Silvia Pinto, Neuchâtel / NE (Portugal)

Olivier Guilhemjouan, Peseux / NE (Suisse)

Shkendie Bega, Neuchâtel / NE (Suisse) 

Bartolome Maya, Cornaux / NE (Espagne) 

Primo Campestrin, Saint-Aubin / NE (Italie)

Iole Locatelli, Saint-Aubin / NE (Italie)

Marie-Jehanne Pierrehumbert, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Germaine Schaer, Saint-Aubin / NE (Suisse)

Tomislav Bunic, Prnjavor (Bosnie et Herzégovine)

Roberto Carsana, Saint-Aubin / NE (Italie)

___________________________________

Au 5 septembre 2011, 170 signatures de 27 pays sis sur 5 continents.

Si vous souhaitez signer cet appel, envoyez un e-mail à l’adresse info@dragan-bunic.com. Indiquez votre nom,  prénom ainsi que le lieu de votre domicile et l’Etat. Ces données figureront dans la liste des signataires.

Français PDF | Anglais PDF | Espagnol PDF | Italien PDF

Si vous souhaiterez récolter des signatures pour cet appel,  vous pouvez imprimer le document ci-dessus, les faire signer par les personnes intéressées et le remettre à l’adresse suivante :

Dragan Bunic
Case postale 133
2024 Saint-Aubin
Suisse

Anglais / Italien / Espagnol / Allemand / Chinois / Arabe / Portugais / Russe

Nous, les signataires, rappelons que pour lutter contre la criminalité économique :

  • Un premier « cri » poussé dans ce sens a été fait en 1996. Il s’agit d’« Appel de Genève » par lequel une Europe ayant beaucoup de facteurs criminogènes facilitant l’existence de la criminalité économique a été dénoncée[1]. Ce cri a abouti à l’adoption d’un nombre de conventions internationales (dont la plupart se limitent à un nombre d’Etats européens, mais pas à tous)[2], ce qui n’était pas suffisant pour lutter efficacement contre la criminalité économique.
  • Etant donné que ce cri n’était pas pris au sérieux à ce moment là, que les mesures législatives prises par des États dans ce domaine n’étaient toujours pas satisfaisantes et que cette criminalité ne touche pas seulement l’Europe mais le monde entier, quelques années plus tard (en 2003), un autre cri, nommé « Déclaration de Paris » avait eu lieu[3].
  • Malgré ces deux cris « d’insuffisance des moyens et d’intérêt pour lutter contre la criminalité économique » et une modeste amélioration de la législation dans certains domaines[4], la communauté internationale n’a pas trouvé des moyens efficaces pour faire face à cette criminalité, déjà bien « internationalisée » ou « mondialisée » , ce que la crise financière et économique mondiale, éclatée en 2007-2008, a bien prouvé. Cette crise a en outre démontré que les victimes de la criminalité économique ne sont pas seulement les Etats, les entreprises, les banques et autres établissements, mais aussi, de plus en plus, les citoyens partout au monde.
  • La législation inappropriée, voire dans certains domaines inexistante, permet non seulement l’existence des paradis financiers, fiscaux et celle des évasions fiscales, mais elle représente aussi un outil efficace pour les auteurs de différentes infractions économiques, leur permettant de les commettre et de ne pas être poursuivis pénalement. L’existence de certaines formes de sociétés opaques (nommées « société écran », « société en sommeil », « coquille », « tiroir », « société de domicile », «société offshore », trust…) représente un outil par excellence pour commettre un certain nombre de ces infractions[5]. Comme ces deux choses sont liées, elles sont visées ensemble par le présent appel.
  • Certaines tentatives des groupements d’Etats, comme celle du G20, lors des sommets en avril 2009 et en novembre 2010, ont échues. Cet échec se résume en 2 points. Primo, le secret [bancaire et autre] n’a pas été supprimé dans tous les Etats. La suppression du secret bancaire a été imposé à un certain nombre d’Etats, dont la Suisse, mais bizarrement pas au profit de tous les Etats du monde, mais au profit d’un nombre d’entre eux, ce qui crée une terrible inégalité de traitement et aggrave la situation. Or, désormais les personnes mal intentionnées se retournent vers les « paradis intouchables », dont certains se trouvent dans les Etats faisant partie du G20[6]. Secundo, ces puissants dirigeants n’ont même pas essayé la suppression d’autres « constructions » permettant à cacher le véritable propriétaire ou ayant droit (par exemple des trusts qui font rage sur les marchés mondialisés en cachant les véritables propriétaires de biens d’une valeur très importante de quelques dizaines de milliards USA dollars qui circulent en toute impunité[7]et font préjudice aux citoyens, aux Etats, aux entreprises et pratiquement à tout le monde excepté un nombre très restreint de personnes y impliquées).
  • Malheureusement, la situation n’a pas changé. Certains pays vont très loin en acceptant chez eux des sociétés étrangères, nommées « société de domicile » qui ne disposent pas de leurs propres locaux mais siègent auprès d’un avocat, d’une société fiduciaire, d’une banque, etc., n’ont pas de personnel, ne paient pas d’impôt[8]…, ou en autorisant leur création dans un délai très bref, par exemple 24 heures, sans obligation de connaître l’identité des associés, de déposer des comptes ni même de tenir d’assemblée générale annuelle. En acceptant les sociétés de domicile, les trusts et les autres « constructions opaques », ces pays représentent un paradis surtout pour les organisations et réseaux criminels du domaine de la criminalité économique organisée[9].
  • Enfin, on doit admettre que la résolution d’un tel problème exige une mobilisation de tous les Etats réunis au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Pour assurer la transparence dans toutes les affaires et un accès aux marches mondiaux à tout le monde sous les mêmes conditions, une réglementation valable pour tous les Etats devrait exister et les sanctions devraient frapper ceux qui ne respectent pas les règles adoptées.

Pour tous ces motifs, en vue de rendre la lutte contre la criminalité économique plus efficace (au niveau préventif et répressif), nous proposons à l’Organisation des Nations Unies (ONU) d’adopter une convention jus cogens (obligatoire pour tous), par laquelle elle impose les obligations à tous les Etats membres de l’ONU afin de:

  • supprimer le secret bancaire envers les autorités pénales et administratives ;
  • pratiquer une transparence dans toutes les  sociétés, banques, trusts et toutes autres formes d’établissements actifs dans le domaine des affaires ;
  • tenir un registre du commerce, établir des comptes annuels, avoir l’organe de révision neutre, prendre d’autres mesures permettant au public de savoir l’état du bilan ainsi que de connaître les personnes impliquées à des sociétés, banques, trusts et toutes autres formes d’établissements actifs dans le domaine des affaires.

Explications du premier signataire

Après le dernier sommet du G20 à Séoul, qui a eu lieu les 11 et 12 novembre 2010, les dirigeants de ce groupe, malgré le fait que certains parmi eux ont bien contribué à la crise économique au niveau mondial, se montrent des « sauveurs » du monde. Leurs déclarations sont exprimées dans le « Plan d’action de Séoul ». Ils promettent de bâtir un système monétaire international plus stable, résistant et efficace ; d’éviter le protectionnisme financier dans le domaine du commerce ; d’assainir les finances publiques ; de réformer les finances ; de faire des réformes structurelles ; d’empêcher les juridictions non coopératives menaçant le système financier mondial …

Etant donné que la crise économique concerne tout le monde, tout cela ne pourrait présenter une affaire qui concerne seulement les 19 Etats dont certains font partie d’un groupement d’Etat au niveau régional [Union européenne (UE)][10], mais de tous les Etats et de tous les citoyens du monde (environs 7 milliards de personnes de notre planète). Or, malgré la constatation de ces dirigeants de tenir leurs promesses (No 10 de la Déclaration), il sied de constater que la crise économique est toujours là, que les programmes d’austérité imposés à certains Etats ne font qu’aggraver leur situation économique. Par exemple, le taux de chômage des jeunes en Grèce s’approche de 30 % et en Espagne, il dépasse 44 %. Quant à l’austérité ce n’est pas une mesure adéquate pour combattre la crise économique[11].

Sans se lancer à une analyse de ladite déclaration, il est important pour notre appel de commenter la teneur du point 39 de la Déclaration. Dans ce point, les dirigeants du G20 constatent avoir réitéré leur engagement à empêcher les juridictions non coopératives de menacer le système financier mondial… Malheureusement, le risque que ces mesures restent un souhait irréalisable comme celles du précédent sommet du G20 (Londres, avril 2009) est bien réel, pour une simple raison que cela ne relève pas de la compétence des Etats du G20 et de l’UE. Rappelons que la liste noire des « paradis fiscaux non coopératifs », faite sur la proposition du G20 par l’OCDE, n’a duré qu’un seul jour et que ces « paradis » existent bel et bien dans certains des Etats faisant partie du G20, ce qui donne à cette « mesure » une allure démagogique.

Le plus étonnant, voire le plus paradoxal, est que le G20, composé de 19 pays [actuellement les plus riches du monde] et de l’UE, ne disent pas un mot sur le rôle de certaines formes de sociétés « louches » qui font « rage » sur le marché mondialisé, et « bloquent » (tant au niveau répressif que préventif) la lutte contre la criminalité économique. Or, cette question est indissociable de celle de « juridictions non coopératives de menacer le système financier mondial »,indiqué au point 39 de la Déclaration. En effet, on doit se rendre compte que la législation de certains Etats permet l’inexistence de publication des comptes,  dispense certains sociétés et établissements de l’obligation de tenir un registre des actionnaires, d’avoir un minimum de capital social, voire d’en avoir un tout court, d’aviser le registre du commerce sur les modifications des statuts, etc. On sait que la plupart de ces sociétés et établissements n’existent pas, sont fictives et sont crées pour contourner une obligation, voire pour commettre une infraction.

Ce qui paraît davantage incroyable est qu’on en parle depuis au moins une trentaine d’années, et que le Conseil de l’Europe (auquel appartiennent tous les Etats membres de l’UE), a fait une recommandation destinée aux États membres, pour accorder une attention accrue à la législation facilitant la fondation des sociétés fictives[12]et ceux-ci n’ont rien fait pour supprimer cette sorte de sociétés qui font toujours partie de leur législation. Au lieu de le faire, ils se sont pris aux Etats moins forts en leur imposant la suppression du secret bancaire: pas envers tous les Etats, mais en principe envers ceux faisant partie du G20, sans trop se soucier pour le reste du monde[13], ce qui crée des inégalités et est contraire aux principes d’un marché ouvert et équitable où tous les participants agissent sous les mêmes conditions.

Pour conclure, la lutte contre la crise économique ainsi que contre la criminalité économique est une chose « très sérieuse » pour concerner uniquement 19 Etats du monde et leurs groupements ou associations. Par conséquent, elle devrait être l’objet des tous les Etats du monde et de leurs citoyens. Le premier « cri » [appel] a été lancé par des juristes, le deuxième par des juristes et personnes célèbres, et le troisième [le notre] est ouvert à toutes les personnes qui le soutiennent, sans égard à leur métier,  leur statut social et leur nationalité.


[1]« L’Appel de Genève » a été lancé par sept magistrats (juristes), parmi lesquels M. Bernard Bertossa, alors procureur général à Genève. Ils dénoncent une Europe des paradis fiscaux ; une Europe des places financières et des établissements bancaires se cachant derrière un secret en l’utilisant trop souvent comme alibi ; une Europe des comptes à numéro et des lessiveuses à billets utilisées pour recycler l’argent de la drogue, du terrorisme, des sectes, de la corruption et des activités mafieuses…

[2] Par exemple, la Convention pénale sur la corruption du Conseil de l’Europe du 27 janvier 1999.

[3]Les signataires de cette déclaration sont certains des magistrats qui ont signé l’ « Appel de Genève », en collaboration avec d’autres personnes qui ne sont pas toutes des juristes et européens, parmi lesquelles il y a des hommes politiques, des prix Nobel, des journalistes et des celles appartenant à différentes ONG. Ils ont dénoncé des comportements inhérents à la criminalité économique au niveau mondial (corruption, explosion des marchés ouverts où plusieurs milliers de décisionnaires à travers le monde échappent à tout contrôle, la complicité des banques occidentales, le rôle des sociétés offshore

[4] Il s’agit en particulier de la criminalité organisée et de la corruption (adoption d’une « Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée », le 15 novembre 2000 et d’une « Convention des Nations Unies contre la corruption » le 31 octobre 2003. Les mesures prévues par ces deux conventions ne sont pas suffisantes sans « accompagnement » par d’autres efforts dans différents domaines (bourse, transaction immobilières et financières, sociétés commerciales, banques, fiscalité et bien d’autres) pour permettre à la communauté internationale de lutter efficacement contre la criminalité économique.

[5]N’oublions pas que ces sociétés ont accès au marché, ce qui crée un réel danger pour la violation de la loi. En effet, on doit se rendre compte que, dans certains pays considérés comme des paradis fiscaux (par exemple, les Bermudes, les îles Caïman…), il n’existe pas de publication des comptes, pas d’obligation de tenir un registre des actionnaires, d’avoir un minimum de capital social, voire d’en avoir un tout court, d’aviser le registre du commerce sur les modifications des statuts, etc.

[6]Certaines de ces sociétés se trouvent au centre de toutes les manipulations monétaires et éthiques à l’échelle nationale ou multinationale. Paolo Bernasconi constate que 90 % des sociétés offshore qui ouvrent des comptes en Suisse le font pour des raisons de fraude fiscale, alors que les 5 ou 10 % restant le font pour des raisons criminelles. Il remarque que sur la base de son expérience judiciaire, en 30 ans d’activité en tant que magistrat et avocat, il n’a jamais connu un seul cas important de blanchiment, d’escroquerie ou de criminalité économique organisée dans lequel n’intervenait pas une société de siège offshore (cf. V. PELLON, A. MONTEBOURG, « La lutte contre le blanchiment des capitaux en Suisse : un combat de façade, Paris, 2001 », extrait de L’entretien de la Mission avec M. le Professeur Paolo Bernasconi, p. 109).

[7]Selon Mme Zaki, le marché offshore pourrait atteindre en 2010 16′500 milliards de dollars (cf. Le secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale, Lausanne, 2010, p.185).

[8] Il faut dire que cette construction (société de domicile) ressemble beaucoup au trust qui est assez présent dans l’économie mondiale et permet de cacher le véritable propriétaire des biens (titres, liquidités, bijoux, collections d’art, terrains…). Le trust est de facto un contrat privé, un contrat fiduciaire, qui permet au propriétaire réel (settlor) de se cacher derrière une entité tierce et de déclarer (tout à fait légalement) qu’il ne la possède pas. Disons encore que ses biens sont entièrement remis au « mandataire » (trustee) qui en devient le « propriétaire légal » et qu’ils circulent dans différentes affaires sans que les partenaires et les autorités connaissent le véritable propriétaire, ce qui crée les possibilités de différentes malversations (par exemple, le blanchiment de fonds illicites…), rend les investigations très difficiles. Selon MYRET ZAKI, il existe 130 législations du trusts dans le monde. Le trust tire ses avantages fiscaux de sa déconnexion avec le propriétaire physique des biens. Elle considère que « les entités de droit anglais [trusts] sont les seules à pouvoir opérer cette séparation légale entre un individu et son bien, qui libère du même coup l’individu de son exposition fiscale liée à ce bien. Les lois sur le secret bancaire sont bien loin d’un tel exploit. Grâce à cette particularité, le trust est devenu l’un des outils favoris de l’évasion fiscale »(cf. Le secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale, Lausanne, 2010, p. 137). Mme Zaki évoque  la grande force de trust international qui réside aux pratiques du secret dans les juridictions offshore, et l’existence d’un trust offshore est très souvent ignorée des autorités, et même de certains héritiers. « Cela est possible parce que des juridictions comme le Royaume-Uni, Jersey, Panama, le Delaware, les Seychelles, ou Belize, par exemple, ont souvent, en matière de trust, des pratiques aussi opaques que permissives »(op. cit., p. 131). S’agissant des « opérations sur les marchés » d’un trust offshore, il détient des sociétés de domicile sous-jacentes. « Les comptes en banque sont alors ouverts au nom des sociétés, tandis que le trust n’agit plus qu’à titre d’actionnaire de la société cliente de la banque, La banque n’est donc pas tenue de s’intéresser directement aux ayants-droit du trust, qui n’est pas lui-même le titulaire du compte » (op. cit., p. 147-148). Notons qu’une banque suisse demandera toujours les informations sur le trust, ce qui l’oblige d’agir autrement pour éviter de donner les renseignements de son propriétaire.

[9]Comme les sociétés de domicile, les trusts, dans de nombreuses juridictions comme Jersey et les Caïmans, n’ont pas besoin de s’inscrire sur un registre public ; sa création à Jersey n’exige aucune déclaration ni audit ; un trust peut détenir plusieurs sous-entités offshore, multipliant encore les juridictions impliquées  (MYRET ZAKI, op. cit., p. 157). Mme Zaki donne un bon exemple de complexité de cette structure : « vous pouvez détenir un trust dont l’administrateur est une étude d’avocat de Jersey (qui n’est pas enregistrée comme trustee), dont les actifs sont des actions d’une société du Luxembourg qui a des administrateurs prête-noms (nominées). Le compte en banque peut être situé au Liechtenstein, mais géré par un banquier privé genevois, qui investit les fonds à Hong Kong » (op. cit., p. 158). Cette structure s’avère idéale non seulement pour l’évasion fiscale, mais aussi pour le blanchiment de fonds illicites (blanchiment d’argent sale, provenant des différentes activités criminelles).

[10] 19 États (Allemagne, Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États- Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie) et l’Union européenne.

[11]Joseph Stiglitz, « L’austérité mène au désastre », http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/22/joseph-stiglitz-l-austerite-mene-au-desastre_1361520_3234.html, site visité le 10 décembre 2010. Selon le même auteur, « l’Europe va dans la mauvaise direction. En adoptant la monnaie unique, les pays membres de la zone euro ont renoncé à deux instruments de politique économique : le taux de change et les taux d’intérêt. Il fallait donc trouver autre chose qui leur permette de s’adapter à la conjoncture si nécessaire. D’autant que Bruxelles n’a pas été assez loin en matière de régulation des marchés, jugeant que ces derniers étaient omnipotents. Mais l’Union européenne (UE) n’a rien prévu dans ce sens. Et aujourd’hui, elle veut un plan coordonné d’austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années 1930, que ce n’est pas ce qu’il faut faire » (cf. ibidem).

[12] Conscient du danger que représentent ces sociétés, dont l’existence est artificielle, mais qui sont dotées légalement d’une personnalité juridique et qui interviennent dans de nombreux cas pour dissimuler la provenance de capitaux illicites, certains organes internationaux ont commencé à agir. Nous en donnons deux exemples. Le premier est celui du Conseil de l’Europe. Il s’agit d’une recommandation faite en 1981, destinée aux États membres, pour accorder une attention accrue à la législation facilitant la fondation des sociétés fictives (CONSEIL DE L’EUROPE, «Recommandation No 81 du 25 juin 1981). Le second concerne le groupe d’action financière GAFI. Ce groupe, dont la Suisse fait partie, a donné quarante nouvelles recommandations aux États membres, entrées en vigueur le 20 juin 2003. Ce sont des principes d’action normative qui s’appliquent d’abord aux membres du GAFI et seront progressivement étendus à d’autres pays. La recommandation 33, sur la question de la transparence des personnes morales et des constructions juridiques, fait référence aux trusts et aux actions au porteur, et souhaite éviter une « utilisation à mauvais escient » et « empêcher l’utilisation illicite de constructions juridiques par des blanchisseurs de capitaux.

[13]La crise financière éclatée en 2007-2008 a démontré que certains Etats ont subi des pertes colossales. Agissant par le biais du G20, ils ont décidé d’obliger les Etats considéré comme « paradis fiscaux » de pratiquer les renseignements en matière fiscale avec d’autres Etats. Avant le sommet du G20, certains paradis fiscaux appartenant à la Grande-Bretagne ont été visés, par exemple, les îles Caïmans ou les Shetlands et autres. Lors du sommet tenu à Londres le 3 avril 2009, le G20 a chargé l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), de faire une liste des paradis fiscaux non coopératifs. Cette organisation a arrêté deux listes : une noire (4 Etats) et une grise (38 Etats). Un jour après la publication des listes, la liste noire a été vidée car ces États ont adopté les normes de transparence et d’échange d’informations en matière fiscale, telles que stipulées dans la version 2005 de l’article 26 de la convention de l’OCDE en matière fiscale. Ainsi, ces quatre États ont été déplacés de la liste noire à la liste grise, ce qui augmente le nombre d’États dans cette dernière de 38 à 42. Les États figurant sur la liste grise ont pris l’engagement d’échanger des renseignements fiscaux et de signer des accords bilatéraux avec au moins 12 des 30 États membres de l’OCDE. Si l’on compare cette liste avec celles déjà faites par le même organe (OCDE) depuis 2000, nous constatons qu’elles souffrent des mêmes défauts : les critères non objectifs et beaucoup de compromis lors de leur établissement. Il ne faut pas oublier que « si la suppression ou la restriction du secret bancaire et des paradis fiscaux ne concernent pas tous les pays du monde (d’Europe et d’autres continents), et surtout s’ils ne reposent pas sur des critères objectifs et applicables à tous, ils resteront un facteur criminogène susceptible de causer la criminalité économique et d’empêcher la collaboration internationale si nécessaire, non seulement pour la répression mais aussi pour la prévention de la criminalité économique » (DRAGAN BUNIC, Criminalistique économique, Saint-Aubin / NE, 2010, p. 757).

Laisser une réponse