Prophylaxie criminalistique

Certains de mes collègues, confrères et autres personnes auxquelles j’ai présenté mon plan relatif à [la] Criminalistique économique m’ont demandé si le « cœur » de cet ouvrage est le chapitre 4 (Méthodologie criminalistique). Je leur répondais non, sans donner une explication pour cela. Je profite de l’occasion de leur expliquer (ainsi qu’à toutes autres personnes qui liront ces lignes) pourquoi.

Pour commencer, je considère le chapitre 5 (Prévention dans le domaine de la criminalité économique) comme « cœur » de l’ouvrage. Pourquoi ? Pour une raison très simple : parce que la répression a montré ses limites dans ce domaine. En outre, j’étais renforcé dans cette conviction, car avant de me décider d’insérer ce chapitre dans [la] Criminalistique économique, j’ai consulté un certain nombre de pénalistes, de criminologues et de criminalistes. La majorité d’entre eux ont souhaité que la prévention de la criminalité économique y figure.

En effet, vu les résultats de différentes recherches relatives à l’existence de la criminalité économique dans une période donnée et les statistiques officielles concernant cette criminalité, on s’aperçoit très vite, sans être spécialiste dans ce domaine, que l’écart entre deux  est énorme. En outre, la doctrine criminologique ainsi que celle de la politique criminelle considèrent la prévention comme un point stratégique de la lutte contre la criminalité économique. Rappelons-nous qu’au début du XXe siècle, E. Ferri a présenté un programme des mesures préventives et à l’heure actuelle elle est préconisée par beaucoup d’organisations au niveau mondial (congrès des Nations Unies sur la prévention du crime, Conseil de l’Europe…).

Vu cette réalité, il faut être conscient que la criminalité économique ne peut être combattue exclusivement par la répression, aussi forte soit-elle. Sans être idéaliste et utopiste, et sans renoncer à la répression, il faut se rendre compte qu’on est obligé d’avoir davantage recours à la prévention. Néanmoins, la prévention n’est pas un produit « du ciel », mais une action, dite réaction sociale, qui exige beaucoup d’efforts et une mobilisation plus vaste que pour la répression. Or, la prévention n’a de sens que si elle est planifiée. Et c’est là le problème principal, car pour pouvoir la planifier, on doit bien connaitre le phénomène de la criminalité économique.

Etymologiquement, le mot prévention vient de la médecine. C’est un ensemble de moyens mis en œuvre pour éviter l’apparition, l’expansion ou l’aggravation de certaines maladies. Le chapitre 5, de [la] Criminalistique économique, comprend plusieurs approches. 

Une des approches concerne la phénoménologie, qui nous aide de connaitre comment se manifestent les infractions économiques. Elle a pour tâche de rassembler et de systématiser les modes de commission des infractions, les habitudes des délinquants, leur typologie, les connaissances relatives aux caractéristiques particulières, propres à certaines sortes d’infractions, etc.

Une autre est consacrée à l’étiologie qui étudie les facteurs criminogènes endogènes et exogènes. L’étude de ces facteurs démontre que dans le domaine de la criminalité économique existent différents facteurs causant cette criminalité. Parmi ceux-ci figurent la crise économique qui a des rapports avec la mondialisation, la législation inadéquate, le manque de la législation régissant la criminalité économique au niveau mondial, la politique criminelle inappropriée…

Vous trouverez dans mon livre une brève description des crises relatives aux marchés financiers à été faite (neuf crises de 1987 à 2007), surtout de la dernière crise dite « subprime » qui a provoqué la crise économique mondiale. Il faut dire que cette dernière a été causée pour des raisons politiques, en particulier par «une levée » des instruments permettant de combattre la Grand crise 1929-1933 (Banking Act…) et manipulation des titres portant sur les dettes. Dans le même sens vont la mondialisation, la fondation de différentes sortes de sociétés et leur pratique, le secret bancaire et l’évasion fiscale…, car, malgré un avis du Conseil de l’Europe selon lequel « aucun pays ne s’estime en mesure d’autoriser sans limite le libre jeu des forces du marché », le contraire s’est produit.

Etant donné que l’entreprise est un sujet incontournable dans ce domaine et qui est particulièrement exposée au risque relatif à la criminalité économique, sa protection est un point très important de la prévention contre la criminalité économique. L’entreprise présente un centre d’emplois de la population apte au travail et la productrice des valeurs nécessaires pour la vie des personnes, de flore et faune (nourriture, habits, médicaments, protection…). Elle a un important rôle économique et social dans la société. Disons que l’entreprise revêt encore d’autres différents rôles (éducatif, politique …). Malgré son impotence pour l’économie (nationale et mondiale), l’entreprise doit assumer, parfois toute seule, sa sécurité non seulement antérieure, mais aussi extérieure. C’est surtout le cas avec les petites et moyennes entreprises dont les fonds et autres capacités ne leur permettent pas de développer une protection sophistiquée et coûteuse. Nous exposons des mesures relatives à la protection de l’entreprise de l’intérieur ainsi que de l’extérieur.

Pour planifier et surtout exécuter [le plan relatif à la prévention], il ne faut cesser de faire des recherches qui aideront à connaître la structure et la quantité de la criminalité économique ainsi que les facteurs qui causent l’existence de cette criminalité. Cela étant, une collaboration entre certains organes spécialisés dans la lutte contre la criminalité économique, par exemple, les nouveaux instituts de lutte contre la criminalité économique à Neuchâtel et Luzerne, celui de police scientifique et de criminologie à Lausanne, et les praticiens s’avère utile, voire nécessaire. D’ailleurs, si l’on veut que la criminalistique aide les praticiens chargés de lutter contre la criminalité économique, ils doivent à leur tour fournir à celle-ci de la « matière première », soit les données relatives aux infractions de la criminalité économique. Seulement une telle collaboration peut aboutir à un résultat satisfaisant.

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Voila mes chères lectrices et chers lecteurs ce que j’ai eu à vous dire à ce sujet étant soucieux qu’un texte plus long serait ennuyant et incompréhensible, dans lequel je n’arriverais quand même pas tout dire. Comme j’ai déjà dit, vous trouverez beaucoup plus d’informations et de détails dans mon livre « Criminalistique économique ».

Bien à vous !

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