Zainab Mussa, Le droit musulman et la finance islamique

L’objectif de cet article est la recherche d’une solution à la crise économique, causée notamment par les spéculations bancaires et la pratique de l’intérêt, par le biais de la finance islamique qui interdit cette pratique. Une brève introduction à l’Islam et au droit musulman est nécessaire afin de mettre en évidence les principaux moyens contractuels islamiques utilisés.

Introduction à l’Islam

L’origine du terme « Islam » provient de l’arabe « salam » qui signifie pour certains « soumission » à un Dieu unique et pour d’autres « paix ». De nos jours, l’Islam représente environ 23% de la population au niveau mondial . Elle est la deuxième religion monothéiste la plus répandue dans le monde après le Christianisme.

L’Islam est né en 610 de l’Hégire (610 ap. J-C), le calendrier islamique débute en l’an 622 de l’Hégire. L’Hégire marque la période de la migration du Prophète Mohammed (ci-après le Prophète) de la Mecque vers Médine, début de l’ère musulmane. Le calendrier islamique suit les phases lunaires en opposition aux phases solaires du calendrier occidental. La différence entre ces deux calendriers se situe également au niveau du nombre de jours d’une année. En effet, il y a environ onze jours de moins dans une année lunaire. Les musulmans vivent actuellement en l’année 1436 de leur calendrier.

La loi islamique (ou droit musulman) ou encore Chari’â, englobe l’ensemble des règles de conduite de la vie des musulmans. Ce droit règle les relations de l’être humain avec Dieu, avec son prochain (parents, enfants, époux, partenaires sociaux, etc.) et avec lui-même. Le terme « Chari’â » signifie la Voie, la Loi divine .

Différentes catégories de règles ont été établies afin de faciliter et d’améliorer la vie du musulman. Ces règles se distinguent selon leurs natures, les unes étant impératives et les autres dispositives.
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Dragan Bunic, Les grandes banques sont une cause des crises économiques

I. Introduction
II. Les banques après la Première grande dépression
III. Les banques et l’économie
IV. Les banques et les dettes publiques
V. Nécessité d’une profonde réforme du système bancaire
VI. Conclusions

I. Introduction

Lors de la Première grande crise économique (1929-1933), il a été découvert que les grandes banques et leurs spéculations étaient la cause des crises financières qui, transformées en crises économiques, se sont propagées sur tous les secteurs de l’économie.

La Grande crise de 1929 (Première Grande dépression) a eu pour conséquence un renforcement de la régulation des banques (en particulier l’adoption du Glass-Steagall Act au Etats-Unis en 1933 et la loi bancaire française de 1945). Il sied de remarquer qu’à ce moment-là le lobby des banquiers n’avait pas une influence sur la politique comme c’est le cas aujourd’hui.

Une étroite complicité des gouvernements des Etats avec les grandes banques, devenues non seulement «too big to fail» (trop grandes pour être mises en faillite) mais aussi «too big to jail» (trop grandes pour être condamnées), ont contribué à l’éclatement d’une Seconde grande crise économique (Seconde Grande dépression) en 2007. Les conséquences de cette crise touchent le monde de nos jours et représentent un sérieux «facteur criminogène» pour une dégradation de l’économie mondiale qui a appauvri les citoyens, les entreprises (exceptés les multinationales qui agissent avec les grandes banques) et les banques de petite et moyenne taille, et a causé une incroyable augmentation de la dette publique (endettements non seulement des petits Etats mais aussi des grands).

Les banques, le secteur de la finance et les compagnies multinationales ont échappé au contrôle de l’Etat souverain et de ses organes. En collaboration avec les politiciens, les banquiers ont pratiqué d’incroyables malversations et combinaisons alchimiques qui ont conduit le monde dans une crise dont l’ampleur a dépassé la Première Grande dépression et qui affecte des milliards de personnes. Les conséquences sont dévastatrices : le chômage, la perte de logement, la pauvreté, la maladie et même la mort. Certaines banques violent les droits humains, pratiquent la corruption, polluent l’environnement, déplacent d’importants groupes de la population, engagent des groupes criminels armés pour liquider ceux qui s’y opposent, etc.

L’objectif de cet article n’est pas de « jeter la pierre » sur toutes les banques, dont la grande majorité exerce correctement leurs activités, mais de rappeler qu’on ne peut plus continuer ainsi et que des changements profonds sont nécessaires au niveau mondial.
Les grandes banques sont une cause des crises économiques

La crise économique

Depuis l’éclatement de la Seconde Grande dépression (2007) certains groupements d’Etats souverains tels que l’Union européenne, le Groupe des vingt (G20, composé de 19 pays et de l’Union européenne), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et même l’Organisation des nations unies (OUN) luttent contre cette dépression. D’après les conséquences provoquées, cette Seconde dépression a dépassé la Première Grande dépression de 1929. Dans cette lutte sont aussi impliquées des organisations créées par les Etats souverains : Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC), Groupe d’action financière (GAFI) et bien d’autres ainsi que certaines organisations non gouvernementales (ONG) : Finance Watch, Déclaration de Berne, Attac, Basta et bien d’autres. Malheureusement cette lutte n’est pas couronnée de succès.

La crise financière et ses retombées ont mis en évidence les failles du système financier international et bouleversé les marchés financiers. Une croissance en dents de scie, des Etats fortement endettés, une grande agitation sur le front des politiques monétaires et la nécessité de revoir la réglementation du secteur financier, voilà ce qui caractérise l’économie mondiale au terme de la première décennie du XXIe siècle (cf. Département fédéral des finances (DFF), Rapport 2011 sur les questions financières et fiscales internationales, pp. 5-6).

Sur ce site seront publiés les articles qui proposent les pistes pour sortir de cette Seconde Grande dépression. Les lecteurs qui ont des propositions à faire dans ce sens sont cordialement invités d’y donner leur contribution. Merci d’avance.

Dragan Bunic